Recommandations pour la communication; statut du shiatsu
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Message introductif
Depuis son arrivée en Europe au siècle dernier, le shiatsu prend une place croissante dans l’arsenal des pratiques de bien-être. Son succès lui vaut aussi d’être critiqué occasionnellement parce qu’il prendrait une place qui ne lui appartient pas comme pratique de soins.
Chaque membre est juridiquement responsable de sa communication à l’égard du grand public (clients, professionnels de la santé, …): la FBS décline sur ce point toute responsabilité. Néanmoins, nous pensons aussi qu’il nous appartient de vous donner quelques balises destinées à vous protéger contre toute agression inutile. C’est l’objet de ce document.
Qu’est-ce que le shiatsu n’est pas?
Le shiatsu n’est pas une « pratique de soins de santé ». En effet, les pratiques de soins de santé sont listées strictement dans la loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l’exercice des professions des soins de santé. Le shiatsu n’en fait pas partie. Prétendre que le shiatsu serait une pratique de soins, de manière directe ou indirecte, constitue un « exercice illégal de l’art médical ». C’est une infraction, punie pénalement.
Le shiatsu n’est pas une « pratique de soin non conventionnelle ». Seules 4 pratiques de soins sont reconnues comme telles: l’homéopathie, l’acupuncture, la chiropraxie et l’ostéopathie.
Quel est le statut légal du shiatsu?
Légalement, le shiatsu est une pratique commerciale. Il dispose d’un Code NACE propre, le code 86.997. Sa pratique est libre et n’est soumise à aucune restriction, pour autant que le praticien respecte les lois applicables en matière de pratique commerciale (pas de concurrence déloyale etc.). Les praticiens membres de la FBS s’engagent en outre à adhérer aux statuts de la Fédération Belge de Shiatsu et à son Code de déontologie.
Comment faut-il communiquer au sujet du shiatsu? Comment faut-il se comporter?
Dans votre communication envers les clients, il importe de dissiper tout malentendu qui conduirait certains d’entre eux à croire erronément que votre pratique fait partie des soins de santé. Pour y arriver, la FBS adresse à ses membres les recommandations suivantes.
1. Communiquez oralement et par écrit sur ce qu’est le shiatsu:
Le shiatsu est une pratique de soin de bien-être (ou de mieux être). Littéralement, il signifie « pression (shi) des doigts (atsu) ». Il s’ancre dans une philosophie et une tradition orientale très ancienne (notamment la Médecine Traditionnelle Chinoise). Selon cette tradition, en exerçant des pressions sur le corps (notamment sur les points d’acupuncture), le praticien favorise la libre circulation de l’énergie (« ki »), ou « force vitale », à travers les « méridiens ». Il aide le client à mobiliser ses capacités naturelles d’auto-guérison pour parvenir à un nouvel équilibre.
Le shiatsu a donc essentiellement un rôle de prévention (éviter que des troubles ne s’installent). Mais il peut aussi compléter des soins médicaux (au sens occidental du terme), par exemple en limitant les effets secondaires des traitements conventionnels ou en améliorant la qualité de vie.
2. Dans votre communication écrite, reprenez clairement la mention suivante, dont les termes sont tirés littéralement de la loi coordonnée du 10 mai 2015 :
« le shiatsu est une pratique de soins issue de la tradition japonaise. Il n’est pas une pratique de soins de santé, au sens de la législation relative à l’art de guérir. En ce sens, le shiatsu n’a pas pour objet d’examiner votre état de santé, ni de dépister une maladie ou une déficience. En aucun cas le shiatsu n’a pour objet d’établir un diagnostic, d’instaurer ou exécuter le traitement d’un état pathologique, physique ou psychique, réel ou supposé. Si vous souhaitez obtenir un diagnostic ou un traitement médical, nous vous demandons de consulter un professionnel de la santé. »
L’usage du terme « thérapeutique » est controversé. Littéralement, il renvoie à la branche de la médecine qui s’occupe du « traitement des maladies ». En utilisant ce terme, par exemple en l’accolant au mot « shiatsu », vous prenez un risque que nous vous déconseillons de prendre car il peut prêter à confusion.
3. Lors de tout contact avec un client, restez vigilant :
Dès qu’un client montre des signes de maladie au sens occidental du terme, recommandez immédiatement à votre client de consulter un professionnel de la santé. Au besoin, interrompez la prise en charge.
- Olivier de Stexhe -
