Accéder au contenu principal

Nouvelles

NOUVELLES/BLOG,  ÉVÉNEMENTS & PHOTOS & VIDÉOS

Connectez-vous pour voir tous les articles.
Pas encore membre ? Inscrivez-vous pour voir tous les articles.

L'ILIO-PSOAS – NOS DEUX "SOLDATS LES PLUS FIDÈLES"

Iliopsoas 5Au cours de ses 25 ans de carrière, Mihael Mamychshvili (prononcer « mam-ish-vili » ; né en Géorgie, émigré à Vancouver, au Canada) a développé une thérapie qui lui est propre. Il s’est spécialisé dans le rétablissement de la communication entre le corps et l'esprit. Les innombrables personnes qu’il a traitées venaient principalement le consulter pour des symptômes de douleur chronique et les séquelles de traumatismes. Son approche novatrice, ainsi que ses connaissances et son expérience approfondies, lui ont valu une solide réputation de praticien capable d’apporter des changements profonds dans le traitement de pathologies complexes et difficiles : anxiété, dépression et SSPT, des symptômes qui sont de plus en plus fréquents ces dernières années. Il a récemment développé la méthode NeuroPath Reset1, grâce à laquelle il enseigne aux gens comment libérer le système nerveux des schémas chroniques.
Il est le fondateur de ce qui est très probablement la plus grande communauté de shiatsu sur les réseaux sociaux : le groupe Facebook « Everything Shiatsu ».
Depuis quelques années il est devenu un enseignant très sollicité à l'échelle internationale2.
Dans son dernier article3, qu'il nous a envoyé il y a quelques semaines, il aborde le psoas en relation avec le traitement des traumatismes. L'article commence par un témoignage personnel.


Mihael Mamychshvili

Comme beaucoup d’autres pendant nos formations en Shiatsu, j’ai aussi vécu plusieurs moments très marquants. L’un des plus remarquables a été lorsque mon professeur principal a demandé un volontaire pour une démonstration de relaxation du psoas. Sans hésiter, j’ai levé la main, inconscient des conséquences qui allaient s’ensuivre.
Au cours de cette expérience intense, j’ai commencé à trembler et à pleurer. J’avais l’impression que quelque chose s’était brisé en moi, comme si un barrage avait cédé et que toute l’eau retenue s’était soudainement déversée. Les quatre jours suivants, je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer. J’étais submergé par les émotions et envahi par des souvenirs d’événements traumatisants que je devais affronter pour m’en guérir.

Pourquoi ai-je vécu cette expérience lors d’un traitement du psoas?
La plupart des gens considèrent les muscles comme des structures mécaniques qui nous permettent de bouger les os. Au cours de mes 25 années de travail sur le corps humain, le système nerveux et la physiologie subtile, j’ai compris que les muscles sont en réalité bien plus que de la biomécanique. Ce sont des manifestations vivantes de notre histoire, de nos émotions, de nos stratégies de survie et de nos schémas d’existence les plus profonds. De tous les muscles du corps humain, aucun n’est plus profond, plus ancien ou plus important sur le plan neurologique que le psoas.

Le psoas n’est pas simplement un muscle — c’est le pont entre le haut et le bas du corps, entre l’esprit et le corps, entre l’instinct et la conscience, entre le trauma et la guérison. J’appelle l’iliopsoas le muscle le plus puissant du corps car il est le support physique de notre intelligence de survie. C'est là que réside la peur, que se conserve la confiance, que s'accumule le traumatisme et que commence la transformation.


L'iliopsoas : un pont anatomique et énergétique

D'un point de vue anatomique, l'iliopsoas est un muscle profond du tronc composé du grand psoas, du petit psoas et de l'iliaque. Il relie la colonne lombaire à la face interne de la cuisse au niveau du fémur, et il traverse le bassin. C'est le seul muscle qui relie directement la colonne vertébrale aux jambes, ce qui lui confère un rôle central dans notre posture, nos mouvements et notre stabilité. Mais… son importance va bien au-delà de la simple anatomie.

Le psoas iliaque se situe immédiatement devant la colonne vertébrale et enveloppe les organes les plus profonds du corps — les reins, les glandes surrénales et les principaux vaisseaux sanguins. Il est proche du diaphragme et étroitement lié au nervus vagus et au système nerveux autonome. C'est pourquoi l'état du psoas reflète l'état de notre système nerveux.

En médecine chinoise, cette zone correspond au système rénal, le réservoir du Jing — notre énergie constitutionnelle profonde, notre vitalité et notre essence ancestrale. Lorsque le psoas est chroniquement tendu, il exerce une pression sur les reins et les glandes surrénales, maintenant le corps dans un état de vigilance constante. Si le muscle est souple et réactif, il assure fluidité, résilience et véritable relaxation.
Dans mon travail, je considère l’iliopsoas comme le centre de gravité émotionnel et énergétique du corps — un lieu où se rejoignent la survie, l’identité et l’incarnation.

Iliopsoas 1


L’iliopsoas et le système nerveux

L'iliopsoas n'est pas seulement un muscle de mouvement ; c'est un muscle de la perception. Il joue un rôle important dans les réactions de combat-ou-de fuite.
Lorsque nous percevons un danger, réel ou imaginaire, le psoas se contracte par réflexe et place le corps dans une posture protectrice, recroquevillée – comme un fœtus dans l'utérus.
Il s'agit d'un mécanisme de survie ancestral. Dans la nature, les animaux se recroquevillent avant de fuir ou de se défendre. Les humains font de même — mais contrairement aux animaux, nous ne relâchons souvent jamais complètement cette contraction. Des années de stress, de traumatismes, de refoulement émotionnel ou d’hypervigilance chronique peuvent bloquer le psoas dans un état de contraction. Cela entraîne une série de conséquences : lombalgie chronique et hernie discale, raideur et déséquilibre au niveau des hanches, mauvais alignement du bassin, douleurs aux genoux, des problèmes de circulation sanguine dans les jambes, une mobilité réduite des jambes et des hanches, mais aussi des troubles intestinaux, des troubles digestifs ou des indigestions, voire une respiration superficielle, une fatigue chronique, et même un sentiment permanent d’agitation.
D'un point de vue neurophysiologique, un psoas chroniquement tendu envoie un message constant au cerveau : « Nous ne sommes pas en sécurité. »

Cela maintient le système nerveux sympathique activé et inhibe la capacité du nervus vagus à ramener le corps à un équilibre parasympathique. Dans la méthode NeuroPath Reset, nous ne traitons pas le psoas comme un muscle isolé — nous le traitons comme une porte d’accès à l’ensemble du système nerveux. Lorsque le psoas s’assouplit, tout le corps se souvient à nouveau de ce qu’est la sécurité.

Iliopsoas 2


Le psoas iliaque, muscle du traumatisme

Le traumatisme ne se trouve pas dans la tête — il se trouve dans le corps. Et cela n’est nulle part plus évident que dans l’iliopsoas. Le traumatisme, qu’il soit physique, émotionnel ou psychologique, est stocké dans le corps sous la forme de schémas musculaires figés. Le psoas y est particulièrement sensible, car ce muscle est directement lié aux réactions de survie mentionnées ci-dessus.
Chaque choc, peur, ou stress non résolu peut y laisser son empreinte. Beaucoup de personnes souffrant d’anxiété, de douleurs chroniques ou d’un engourdissement émotionnel s’accrochent profondément à ce muscle. Lorsque le psoas est chroniquement tendu, il tire le corps vers l’avant, comprime le diaphragme et restreint la respiration.
Cela crée un état constant de tension interne. Les personnes ont souvent l'impression de se braquer contre la vie elle-même. La véritable guérison commence lorsque le psoas peut se détendre.

Comment ça alors, vous demandez-vous peut-être ?


Le psoas et la respiration

Le psoas et le diaphragme sont étroitement liés. Lorsque le psoas est tendu, le diaphragme ne peut pas descendre complètement, ce qui conduit à une respiration superficielle, centrée sur la poitrine. Et cela maintient le système nerveux dans un état d’alerte accru.
La respiration est la porte vers le changement. Lorsque nous ralentissons la respiration et prolongeons l'expiration, nous stimulons le nervus vagus et invitons doucement le psoas à se relâcher. Il ne s'agit pas ici de forcer la relaxation, mais de créer les conditions dans lesquelles le corps se sent suffisamment en sécurité pour lâcher prise. Grâce à une respiration consciente et à un toucher attentif, le corps s'apaise couche après couche.

Iliopsoas 3


Le psoas iliaque en shiatsu

En shiatsu, le psoas iliaque n’est pas considéré comme une structure anatomique isolée, mais comme faisant partie du paysage fonctionnel plus profond du hara. De par sa localisation anatomique – à proximité de la colonne lombaire, des reins, du diaphragme et d’importantes structures neuro-vasculaires –, il se trouve à un carrefour crucial entre le soutien structurel, la régulation autonome et l’équilibre énergétique.

Du point de vue de la médecine traditionnelle de l’Asie orientale, la région du psoas correspond étroitement au système rénal. On considère que les Reins régissent le Jing (essence constitutionnelle), l’anxiété et la vitalité fondamentale du corps. Les perturbations de ce système se manifestent souvent par une tension dans le bas du dos, une faiblesse de la région lombaire, de la fatigue et une sensibilité accrue au stress.
Dans la pratique clinique, une tension persistante dans le psoas iliaque s'accompagne souvent de symptômes de déficience rénale, de restriction hépatique ou de déséquilibre entre le Qi ascendant et descendant.
La réaction de combat-ou-de fuite, décrite en physiologie occidentale comme l'activation du système nerveux sympathique, présente des parallèles évidents dans la terminologie énergétique classique. Lorsqu'une menace est perçue, le corps se courbe par réflexe : le psoas se contracte, le bassin se rétracte légèrement vers l'intérieur, le diaphragme remonte et la respiration devient superficielle. Du point de vue des méridiens, ce schéma reflète une activité Yang excessive et un affaiblissement relatif de l'ancrage Yin. L'axe central perd sa fluidité ; le hara est isolé.

Chez de nombreux clients souffrant de stress chronique ou ayant un passé traumatique, le bas-ventre semble ferme ou récalcitrant à la palpation. La région lombaire peut sembler rétractée sous les mains du praticien. Au lieu d’interpréter cela exclusivement comme un raccourcissement musculaire, le Shiatsu le reconnaît comme une organisation protectrice — un schéma de retenue adaptatif qui reflète une vigilance prolongée.
Il est important de noter que le Shiatsu ne cherche pas à « détendre » directement le psoas par une intervention « musclée ». Un étirement mécanique direct risque justement de renforcer la contraction protectrice, car le système nerveux perçoit cela comme une menace. Au lieu de cela, la régulation s'effectue de manière indirecte et relationnelle. Par un contact soutenu au niveau du hara, du sacrum, de l'intérieur des cuisses et le long des méridiens des Reins et du Foie, le praticien stimule l'activation parasympathique. La respiration s'approfondit. L'abdomen s'assouplit progressivement. Ce n'est que dans cet espace sécurisant que le psoas iliaque commence à s'allonger par réflexe.

La neurophysiologie contemporaine offre ici une terminologie utile. À mesure que l'expiration s'allonge et que le mouvement du diaphragme s'améliore, le tonus vagal augmente. Ce glissement de la dominance sympathique vers l'équilibre parasympathique correspond cliniquement à un assouplissement de la colonne lombaire et à une diminution de la réactivité dans le bas-ventre. Ce que la science occidentale décrit comme une régulation autonome, les praticiens de Shiatsu le perçoivent souvent comme la restauration du Qi des Reins et le rétablissement de l'alignement énergétique vertical.

L'iliopsoas fait donc office de médiateur entre la posture structurelle et la perception de la survie. La contraction chronique n'est pas purement biomécanique ; elle reflète une état d'alerte persistant. Au fil du temps, cet état d'alerte façonne la posture, les schémas respiratoires et même l'orientation psychologique face au monde.
Grâce à un Shiatsu minutieux et adapté, le praticien favorise la réorganisation de ce schéma. À mesure que le hara retrouve sa souplesse et que la colonne lombaire se décharge, les clients rapportent souvent un sentiment d’ancrage, davantage d’espace intérieur et une vigilance réduite. Ces changements sont souvent subtils, mais cliniquement significatifs.
Le point de convergence entre le Shiatsu et la réaction de combat-ou-de fuite réside précisément dans cette capacité : influencer la physiologie profonde de la survie par un toucher éclairé et respectueux. L’iliopsoas devient moins une cible de manipulation et davantage une porte d’accès pour rétablir la cohésion entre la structure, la respiration et le flux énergétique.


Le psoas iliaque et la posture

La posture reflète l’état intérieur. Un psoas tendu tire le bassin vers l’avant, ce qui comprime le bas du dos et engendre une tension chronique. Cela est souvent lié à un sentiment de défense, à une difficulté à faire confiance, au sentiment de ne pas être soutenu, à la peur d’avancer et à une rigidité émotionnelle.
Lorsque le psoas se relâche, la posture change naturellement. La colonne vertébrale s'allonge, la respiration s'approfondit et le corps se sent plus ancré et présent.

Iliopsoas 4


Le psoas iliaque et la guérison

Guérir le psoas ne se résume pas à des exercices — il s'agit de rétablir le sentiment de sécurité au sein du système nerveux. Cela implique une respiration consciente, des mouvements doux, un toucher corporel, la régulation du système nerveux et l'intégration émotionnelle.
Le but n’est pas de réparer le psoas, mais de lui rappeler qu’il n’a plus besoin d’être protégé. Lorsqu’il se détend, la clarté revient, le cœur s’adoucit et le corps se sent à nouveau chez lui.


Conclusion

Le psoas est le gardien de nos instincts les plus profonds et de notre capacité de résilience. Apprendre à écouter ce muscle et à l'apaiser est un acte de profonde bienveillance envers soi-même. Lorsque nous relâchons le psoas, nous retrouvons la capacité de nous sentir en sécurité dans notre propre corps — et c'est à partir de cette sécurité que commence la véritable guérison.

 

1     voir : https://www.neuropathresetmethod.com
2     pour les personnes intéressées. Mamychshivili donnera prochainement des cours à :

3     La traduction Française est réalisée par Tom Bruwier

Humane shiatsu 6
Shiatsu 4
Shiatsu 2
Algemene Vergadering 2022
Humane shiatsu
Honden shiatsu
Shiatsu 6
Shiatsu

Tenez-vous au courant des nouveautés, des inspirations et des événements

logo Belgische Shiatsu Federatie

Adresse


Avenue de Hony 17A
4130 Esneux

info@shiatsu.be 

Social